En 1857, Arthur Quentin de Gromard (1821-1896) crée la Cécilienne, la musique municipale d’Eu. Pour ce chef d’orchestre qui doit faire face au manque de musicien et à leur lacune technique, la démarche vise à la fois à proposer un instrument facile à jouer et pouvant se substituer à d’autres, manquants dans son orchestre. Pour imaginer ce nouvel instrument, il s’inspire du mélophone inventé en 1837  par Pierre Charles Leclerc.

L’instrument mis au point par A.Q de Gromard prend la forme d’un violoncelle. Un clavier à boutons, sur la partie supérieure (au niveau de la touche d’un violoncelle) est relié à des anches libres par des fils en laiton (sur le niveau supérieur de la table). La partie inférieure contient un soufflet dont l’alimentation se fait par l’action d’un archet fixe (joué comme celui d’un violoncelle). Le son du cécilium se rapproche de celui de l’harmonium ou de l’accordéon

En 1861, Arthur Quentin de Gromard dépose un brevet pour un symphonium qui prendra ensuite le nom de cécilium en référence à sainte Cécile, patronne des musiciens . L’atelier de lutherie compte une douzaine d’employés. Situé dans la propriété de l’inventeur, 9 rue de la Normandie à Eu, l’atelier aurait produit entre 300 à 500 instruments en hêtre, merisier, frêne et palissandre.

L’instrument existe en différentes tailles, soprano, alto, ténor et basse. Il est utilisé pour le registre liturgique mais aussi pour les mariages et la musique classique.

Ces instruments ont été présentés lors de l’exposition Trois petites notes de musiques (avril 2015 à mars 2016).

Catalogue de l’exposition “Trois petites notes de musiques”